LE POT FELE

Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux deux extrémités d’une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules.
L’une des jarres était légèrement fêlée.
Alors que le récipient de gauche conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison du maître, la jarre de droite perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route.
Chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demie d’eau à chacun de ses voyages.
Bien sûr, la cruche parfaite était fière d’elle, puisqu’elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille.
Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la moitié de sa mission.

Un jour, la jarre endommagée s’adressa au porteur d’eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source.
– Je me sens coupable et je te prie de m’excuser.
– Pourquoi ? Demanda le porteur d’eau. De quoi as-tu honte ?
– Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de la cargaison d’eau à notre maître, à cause de cette éclat qui fait fuir l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, je ne livre à notre maître que la moitié de l’eau. Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts, lui dit la jarre abîmée.
Le porteur d’eau fut touché par cet aveu, et plein de compassion, répondit :
– Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu portes ton regard sur le bord du chemin.

Au fur et à mesure de leur montée sur le sentier, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au cœur.
Mais à la fin du parcours elle se sentait toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitié de son eau.
Le porteur d’eau dit à la jarre :
– T’es tu rendue compte qu’il n’y avait de belles fleurs que de ton côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite ? C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau et j’en ai tiré parti. J’ai planté des semences de fleurs de ton côté du chemin, et chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Grâce à toi, j’ai pu cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses.

Nous avons tous des éclats, des blessures, des défauts.
Nous sommes tous des éclats, des blessures, des défauts. Nous sommes tous des jarres  abîmées.
Certains d’entre nous sont diminués dans la vieillesse, d’autres ne brillent pas par leur intelligence, d’autres sont trop grands, trop gros ou trop maigres, certains sont chauves, d’autres sont diminués physiquement, mais ce sont les éclats, les défauts en nous, qui rendent nos vies si intéressantes et exaltantes.

COMMENTAIRES

  1. Merci beaucoup pour cet article bien utile!http://essaywritekd.com/

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